Irlande

[IE] Evolutions en matière de censure cinématographique

IRIS 2004-9:1/27

Candelaria van Strien-Reney

Faculty of Law, National University of Ireland, Galway

Le 3 septembre 2004, les services du censeur du cinéma irlandais (voir IRIS 2004-3 : 10) ont publié les résultats d'une enquête consacrée aux opinions des parents à l'égard de la classification des films.

Les principales inquiétudes des parents concernant le contenu des films, vidéos et DVD regardés par leurs enfants portaient, par ordre décroissant, sur la consommation de drogue, la violence, les références raciales, la consommation d'alcool par les mineurs, les actes/dialogues sexuels, les comportements antisociaux, la grossièreté et la vulgarité de langage, les scènes d'horreur et d'épouvante, la nudité, la consommation d'alcool en général et le tabagisme.

L'enquête a également révélé que, bien que les parents soient généralement satisfaits des classifications attribuées par le censeur du cinéma, un pourcentage important d'entre eux jugeait trop strictes la classification de l'accord parental (qui recommande l'accompagnement d'un enfant par un adulte) et les classifications de l'accord parental pour les mineurs de moins de douze ans et de moins de quinze ans (qui imposent l'accompagnement des enfants de ces catégories d'âge par un adulte). Au vu de ces résultats, le censeur du cinéma a déclaré qu'il envisageait l'assouplissement de certaines classifications et l'introduction d'une nouvelle classification, qui interdirait le visionnage des films concernés aux mineurs de moins de seize ans. Cette mesure permettrait de combler l'écart entre les actuelles classifications relatives à l'accord parental pour les mineurs de moins de quinze ans et de l'interdiction aux mineurs de moins de dix-huit ans.

Les services du censeur du cinéma ont accordé l'an dernier des certificats à 213 films de cinéma, ainsi qu'à 6 504 vidéos et DVD. Aucune interdiction de film n'a été prononcée, tandis que seize vidéos seulement ont été interdites.

Le censeur du cinéma a également annoncé le lancement du premier site Internet dédié à ses services, <

Par ailleurs, le ministre de la Justice a annoncé son intention d'introduire une législation qui donnera aux services du censeur du cinéma une "nouvelle orientation" et éventuellement un nouveau nom, afin de refléter son rôle consultatif et informatif. Les services du censeur du cinéma sont placés sous l'autorité du ministre de la Justice.


Références

  • "Children viewing drug use main concern of parents" available on the Irish Times, 4 September 2004
  • La première inquiétude des parents : le visionnage par leurs enfants de scènes de consommation de drogue, Irish Times du 4 septembre 2004

Cet article a été publié dans IRIS Observations juridiques de l'Observatoire européen de l'audiovisuel.