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IRIS 2017-7:1/11

Bulgarie

Rapport sur la campagne électorale établi par le régulateur des médias

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Rayna Nikolova

Nouvelle université bulgare de Sofia

Le rapport établi par le Conseil des médias électroniques (CME) présente les données et conclusions du contrôle spécifique de l'activité des fournisseurs de services de médias à l’occasion de la campagne électorale pour les législatives, qui s’est tenue du 24 février au 26 mars 2017. Le 21 février 2017, la Commission électorale centrale et le Conseil des médias électroniques ont conclu un accord sur les principes et les paramètres de ce contrôle spécifique. Le principal objectif de ce contrôle consistait à déterminer la manière dont les médias électroniques assurent la couverture des sujets politiques pendant la campagne électorale ; ces médias, en raison de leur influence sur l’opinion publique et des spécificités de leurs formes d’expression, donnent à leur public la possibilité et le droit de faire leur choix à l’occasion des élections. Ce contrôle a permis d’analyser les différentes formes payantes et gratuites d’expression électorale en utilisant deux paramètres : le nombre (fréquence) et la durée (en secondes) des apparitions des candidats dans les médias. Les contenus d’expression électorale payants et gratuits ont ainsi été examinés en détails, sur la base de leur nombre, de leur durée et de la présence des candidats en lice à l’antenne.  

Les principaux critères utilisés afin d’apprécier le degré de conformité des contenus dans le cadre de la campagne électorale étaient les suivants :    

1. la transparence : c’est-à-dire la possibilité offerte aux citoyens de se forger une opinion grâce à la qualité de l’information, des idées et des opinions diffusées par les médias.  

2. L'accès des candidats à des interventions dans les médias : la transparence des négociations et du financement ; l’indication de toute publicité payante ; les possibilités de participation gratuite ;  la participation dans les médias gratuits ; les contenus illimités dans les médias ; l'attention accordée aux besoins particuliers de certains électeurs et une information adéquate à l’attention des électeurs qui votent pour la première fois.

3. Les principes et normes professionnelles pour permettre au public de faire un choix éclairé : l’objectivité, l'efficience, la représentation équitable sur différentes plateformes, les messages véhiculés au moyen de la publicité payante à caractère politique réglementée et la mise à disposition de radiodiffusions gratuites.

4. La tolérance : la non-acceptation des discours de haine, des insultes, de la diffamation ou de propos compromettants.  

5. La présentation de la diversité politique, du pluralisme des médias et des initiatives novatrices.  

6. La prise de position politique dans les formats de divertissement.

Le contrôle de la campagne électorale, qui s’est tenue du 24 février au 26 mars 2017, a permis de constater d’intenses manifestations à caractère électoral, comme en témoignent les médias électroniques. Il est indéniable que la campagne électorale qui s’est déroulée sur les médias électroniques a été bien plus active que les précédentes campagnes contrôlées par le CME. Les confrontations entre les candidats en lice tendent à être plus directes et prennent la forme de tables rondes. Les débats, qui ont constitué le type de confrontation le plus intéressant pour le public, ont pris de l’importance et ont suscité un intérêt considérable auprès des téléspectateurs pendant cette campagne parce que les médias en ligne ont imité les médias classiques. Toutefois, dans un grand nombre de débats, ce contrôle a permis d’observer le caractère répétitif des sujets qui, malgré leur importance pour les téléspectateurs, n’ont pas été traités de manière équilibrée et visaient surtout à permettre aux candidats en lice pour les législatives de proposer des solutions aux problèmes énumérés. Les médias sont restés fidèles à l’idée que les téléspectateurs souhaitaient surtout que le discours politique prenne place dans le cadre de débats. Le CME a estimé que ces débats ne se distinguaient pas les uns des autres, ni du point de vue de leur contenu, ni sur le plan de l’analyse. Le ton employé par les candidats de la campagne des législatives s’est crispé, notamment vers la fin de la campagne électorale.  

La publicité à caractère politique payante, notamment sous forme de vidéos, s’est considérablement intensifiée au cours de la semaine qui a précédé le scrutin. Le CME s’est félicité du fait que les candidats aient pu participer gratuitement à une majorité d’émissions électorales  pendant la campagne. Cette prédominance des contenus gratuits sur les publicités payantes à caractère politique, que souhaitaient ardemment les états-majors des partis politiques, a favorisé la réflexion et l’activité des journalistes. Les médias ont exprimé de vives critiques à l’égard du vote par intimidation et du vote « d’ entreprise » et nombre d’entre eux ont traité le sujet en détail, en se fondant sur des cas précis, dans le cadre de leurs enquêtes, rapports et interviews.

Le CME s’est pour la première fois penché sur la participation des hommes et des femmes à la campagne électorale. Pour ce qui est de leur apparition dans les médias, la participation des hommes a sans conteste été bien plus élevée ; les chiffres illustrent clairement ce déséquilibre, avec un ratio de 80 % pour les hommes et 20 % pour les femmes.  

Le CME a constaté pour la première fois d’importantes violations de la législation applicable aux élections et aux médias, indépendamment de l’intensité de la campagne médiatique. Ces violations établies à partir des informations fournies par le CME et sanctionnées par la Commission électorale centrale, portaient sur les bonnes mœurs, les contenus à caractère électoral dont la nature payante n’était pas précisée et la diffusion d'études sociologiques contestables. La campagne n’a cependant donné lieu à aucun propos haineux ou discriminatoire.  

références
Финален доклад Избори 2017 г., 11/4/2017 BG
 http://merlin.obs.coe.int/redirect.php?id=18564
 
  Conseil des médias électroniques, Rapport final sur les élections de 2017, 11 avril 2017